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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 14:17

Flore Grassiot

                                                         crédit photo : Chantal Vey

 

Depuis 2003, j'organise des ateliers participatifs et des expositions d’art contemporain dédiées aux questions urbaines au sein du collectif TOPOÏ (co-fondé avec Antoine Mialon) avec lequel j'ai élaboré plusieurs formes méthodologiques ouvertes et sensibles : des dispositifs de réciprocités, qui sont autant de révélateurs des singularités des environnements que je traverse.

Témoin du décalage politique et conceptuel de la pratique urbanistique conventionnelle, je propose des formes de recherche-actions qui engagent des processus ouverts. Ces séquences ne peuvent prendre consistance que dans l’échange et le jeu d’interaction entre les acteurs.

Je pratique l’architecture et l'urbanisme sur un mode hors-pistes, creusant peu à peu des chemins dans des entre-deux, trois, quatre (champs, mondes, milieux). Mais parfois encore bien plus, lorsque les questions urbaines touchent à des formes de complexité appelant alors à croiser les démarches et les points de vues. 

Je choisis alors - par un jeu d'invitations croisées - d'associer d'autres architectes, des chercheurs ou artistes - tous co-activateurs in-disciplinés - et les occasions ne manquent pas d'impliquer au passage des élus, des habitants petits et grands, des commerçants, associations, théâtres ou écoles dans nos aventures.

L'objectif inavoué de ces actions urbaines, menées sur des temps longs, est de rapprocher la parole des experts de celle des habitants. Ils sont toujours connaisseurs de leur territoire vécu, de leur ville, de leur quartier, de leur rue, de leur 'chez soi'. Je joue le rôle d'un intercesseur, d'une espèce de filtre interprétatif, un révélateur de subjectivités.

Cette posture contextuelle implique de réinventer à chaque nouvelle occasion d'autres outils de lectures réadaptés, d'autres grilles d'appréhensions et de compréhensions mutuelles.
Ces outils sont des dispositifs inédits, ludiques, légers, et intégrables par tous. Ils transforment les rencontres en récits, ces récits en cartes et ces cartes en questions, capables d’interconnexions (légendes collectives et des systèmes de co-écriture). Ils prennent des formes multiples : dessins, cartes, enregistrements, médiums souples et en perpétuelle reconstruction.
Ces propos, ces idées, ces souvenirs, se croisent et viennent nous raconter une ville, un quartier, une rue, des exodes par des jeux de superpositions : de stratigraphies accumulées.
Je pense la ville et le vivre ensemble comme un organisme vivant et le fait de les projeter, de s’y projeter, commence naturellement par des jeux partagés et collectifs.
Il s'agit plus d'aborder les questions urbaines par nos doutes, nos peurs, nos envies, nos petites et grandes utopies, et non d'imposer des systèmes autistes et consensuels préfabriqués.

Il y a pour moi une nécessité de réfléchir ensemble. Au-delà de l’exigence d’une dimension écologique du monde en devenir, notre environnement urbain - et par conséquence : politique - nous oblige à une ré-écriture collective de nos propres règles du jeu, pour mieux tester - et faire muter - grandeur nature, publiquement, de façon performative et partagée nos nouvelles stratégies et donner à repenser nos cités.

Je considère les questions posées a priori, comme des formulations à détourner et prendre -avec une très sérieuse désinvolture - les contextes rencontrés comme des terrains de jeu. Il s’agit d’une approche holistique de la conception de l’urbanité, qui permet d’assurer une responsabilité collective de la fabrication de notre environnement, de traiter des enjeux et des décisions communes.

Mes deux citations favorites : 

" Cracks in the text of the state", cracks dans l'état des choses, l'état des lieux, l'état des normes...Cracks nous induisant par-devers nous à de nouvelles pratiques sociales et à de nouvelles pratiques esthétiques, qui se révèleront de moins en moins séparées les unes des autres et, de plus en plus, en complicité de destin".

« Dès lors que l’architecte n’aurait plus seulement pour visée d’être un plasticien des formes bâties, mais qu’il se proposerait d’être aussi révélateur des désirs virtuels d’espace, de lieux, de parcours et de territoire [...] un intercesseur entre désir révélés à eux-mêmes et les intérêts qu’ils contrarient, ou, en d’autres termes, un artisan du vécu sensible et relationnel [...] il pourrait constituer un relais essentiel au sein d’agencements d’énonciation à tête multiple. »


Félix Guattari,
Cartographies schizo-analytiques

Topoï : http://plastol.org

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