Mardi 20 septembre 2011
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Un ensemble de vidéos d'artistes émergents ou reconnus évoque la vie multiforme et mouvante des rues. Fragments impressionnistes, fictions courtes, poèmes visuels..., autant de représentations
vidéographiques empruntant aussi bien au cinéma, qu'à la littérature, à la peinture ou à l'animation.
Des oeuvres qui conduisent le visiteur à découvrir d'autres relations à l'espace urbain, comme à le réinventer...
Bertille BAK
Court n°1
La vidéo se déroule dans le cadre d’une cité minière du Pas-de-Calais.
Dans une pièce vide, meublée d’un unique et rustique rocking-chair, une dame âgée et seule surveille de sa fenêtre le passage des voitures dont elle note les numéros d’immatriculation sur une
feuille. Au détour d’un plan, on s’aperçoit que la longue liste de numéros couvre tous les murs de la pièce. Nous comprenons que la vie de cette femme, où la
réalité est vue à travers des jumelles, comme un mirage, est ramenée à l’ordre de signes aussi arbitraires que le chiffre ou la lettre dont sont constitués ces numéros, signes du temps qui
passe.
Entre réalisme et burlesque, chacun des films de Bertille Bak est la forme possible que peut prendre l’histoire des rapports de travail– incertains, créatifs, rigoureux – de la réalisatrice avec
les acteursde ses récits, sur les questions de la mémoire ou du sens de la collectivité. Bertille Bak instruit des fables filmées au plus proche
des réalités de leurs protagonistes, contre un ordre établi qui ne saura jamais les imaginer. Que ce soit avec Faire le mur (2008), Safeguard Emergency Light System (2010), T’as de beaux vieux,
tu sais (2007) ou d’autres films plus courts, elle porte attention aux anonymes en rupture, aux communautés laborieuses, non pour en préserver les traces, mais pour leur faire partager, avec
humour et parfois dérision, à travers leurs propres valeurs, l’énergie de créer.
Serge Le Squer
Les habitants, rue de la République, Marseille, 27 novembre 2004
« Le 27 novembre 2004, les habitants de la rue de la République manifestent pour leur maintien dans la rue, après sa réhabilitation par le fonds d’investissement Lone Star IV *. Le continuum de
la manifestation est entrecoupé d’arrêts sur image. Ce mélange du mouvement du corps collectif avec les portraits figés d’habitants
et l’absence de bande son, donnent présence au corps résistant des habitants.» Serge Le Squer* En 2007, Lone Star IV vendit ses immeubles de la rue à une filiale de la banque Lehman Brothers qui
fit faillite en 2008.
Enrique RAMIREZ
Brises
« Comment regarder à nouveau l’Histoire ? Comment revenir en arrière ? Je suis né en 1979, six ans après le coup d´État militaire au Chili. J’ai grandi sous la dictature dans les bras de ma mère.
Elle m’a raconté que, paradoxalement, c’était la période la plus heureuse pour elle. Elle a vécu la Dictature derrière un mur, protégée de tout. Dès que j’ai grandi, ma mère s’est rendu compte
qu’il n’y a pas eu une période si néfaste au Chili auparavant. Je suis un morceau de cette histoire, pleine de contradictions. Brises est un film d’un plan séquence de dix minutes où la camera
traverse le Palais présidentiel (La Moneda). Ce film travaille principalement sur la mémoire d’un lieu qui fut le scénario du coup d’État et du retour à la démocratie, ce lieu qui a été le
berceau des tragédies et des joies de tout un peuple.»
Enrique Ramírez
Exposition du 12 octobre 2011 au 15 janvier 2012
Mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 14h à 19h / jeudi de 14h à 21h
Entrée libre
Etablissement Public du Parc et de la grande Halle de la Villette :
211, avenue Jean Jaurès
75019 PARIS
Tél.: 01 40 03 75 75